Qu’est ce qu’une icône ?

Écrite dans la prière, une icône rend visible le sacré.  Elle est support pour la prière, une fenêtre sur l’invisible : elle nous révèle quelque chose de Dieu.

Les premières icônes ont vu le jour à Byzance en 313. Les chrétiens, dont les iconographes, alors victimes de persécution ont du fuir vers d’autres pays, ce qui a contribué à l’expansion de l’iconographie. C’était des représentations de la divinité, simples, de petite taille, intimement liées aux Ecritures. C’est pourquoi on ne dit pas qu’une icône est peinte mais qu’elle est écrite. Elles étaient écrites par des moines qui les emmenaient en voyage pour évangéliser les populations qui savaient rarement lire. S’appuyant sur des connaissances historiques et théologiques, elles nécessitent un temps de recherche pour s’approprier la vie, les faits du saint qui est représenté. Les personnages représentés ne sont pas des saints récents car nous sommes encore trop attachés à leur personne humaine. Il faut laisser du temps, prendre du recul, pour « diviniser » le personnage. C’est à dire voir au-delà de la personne humaine ce qu’elle nous dit de son chemin avec le Seigneur. L’icône doit dépasser la personne et nous amener à Dieu : toute personne a été créée par Dieu et pour Dieu (Colossiens 1.16), et l’icône nous attire vers ce pourquoi nous avons été créés. Le langage de l’icône obéit à des règles précises entre autres pour les formes et les couleurs : le canon. Règles que les premiers chrétiens connaissaient très bien mais dont la plupart d’entre nous avons perdu la connaissance. Une icône ne s’invente pas, l’iconographe s’appuie sur les modèles des grands maîtres qui avec toute leur foi ont traduit en termes de lignes et de couleurs les textes sacrés.

L’icône est inspirée et sacrée, tout son processus d’écriture est cheminement dans la prière avec le Seigneur. Tout d’abord une séance d’écriture commence par une prière. Puis on approfondit la vie du saint, le texte qui est représenté. On le dessine plusieurs fois, et à chaque fois on entre un peu plus dans la signification de ce qui est représenté. Puis ce dessin est gravé sur une planche de bois, signe de l’intemporalité de l’œuvre tout comme l’amour du Seigneur pour nous : « Moi, je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravée sur ma main (Isaïe 49,16) ». On pose ensuite la couleur or qui représente la présence du Seigneur et assuré de cette présence, on peut continuer avec les autres couleurs en allant du plus foncé vers le plus clair : des ténèbres vers la lumière. Peu à peu, on pose les lumières et l’icône se révèle à nous. Il y a au minimum 4 couches de peinture sur les vêtements des personnages et 6 sur leur visage. Les produits utilisés sont issus de la nature ce qui nous rappelle que Dieu a tout créé. L’icône n’est terminée que si elle est consacrée.

C’est un travail qui demande persévérance, patience, respect du modèle et des règles. L’iconographe reproduit le modèle de manière objective en s’effaçant devant la vérité révélée, acceptant ses limites et ses échecs ce qui forme à l’humilité sans laquelle, l’icône ne pourrait aider à la prière. Pour autant, l’icône n’est pas une simple copie, elle est prière de celui qui l’écrit. Ainsi 5 personnes peuvent travailler sur un même modèle, les 5 icônes seront différentes. Et si même une personne reproduit plusieurs fois le même modèle, chaque icône sera différente. Il y a quelque chose de la prière de la personne qui passe dans l’icône, qui pourra se révéler dans le choix des tons, (pas dans les couleurs qui sont imposées) ou dans la manière dont ont été posées les lumières… Et ce quelque chose interpellera la personne qui priera devant. Ainsi on peut dire que dans la prière c’est l’icône qui nous regarde.  Au-delà de nos souffrances, de nos peines, de nos joies, si on se laisse toucher par un icône, elle est fenêtre sur l’invisible, elle nous révèle quelque chose de Dieu.

Ecrire un icône est un chemin de paix intérieure, c’est écrire notre foi en la gravant un peu plus en nous. Chacun peut le faire s’il est accompagné dans ses débuts. Des stages d’initiation sont proposés au monastère des Capucines à Bourbourg. Le prochain commence en juillet. Vous pouvez contacter sœur Gabriela au 03 28 22 03 18 monastere-capucines@orange.fr

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« C’est en esprit que le Christ s’en alla prêcher aux esprits en prison… Même aux morts a été annoncée la Bonne Nouvelle. « 
(1ère Lettre de saint Pierre 3,19 et 4,6)

Jésus est blanc, inondé de lumière comme le jour de la Transfiguration. Il se détache de la mandorle bleue, signe de la présence de Dieu. Jésus, de ses pieds, brise les portes des enfers, lieu d’attente du jugement. Sa main droite saisit la main gauche d’Adam. Rencontre de deux mains et de deux Adam. Jésus, le nouvel Adam, relève du tombeau le père de l’humanité. Adam ne résiste pas, il laisse faire le Seigneur Tout-Puissant. (source : livret entre Ciel et Terre, Atelier d’icônes La Beraka)

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