La Semaine Sainte, d’où vient elle ?

Elle vient de la foi de tous les chrétiens en la mort et en la résurrection de Jésus, le Christ.
C’est à Jérusalem que la Semaine Sainte a pris la structure que nous lui connaissons.
Jusqu’au Ve siècle, la Pâque était célébrée dans une seule journée, centrée sur la veillée pascale (la «Vigile pascale» qui pouvait durer toute la nuit).
Ensuite, à partir de la Communauté chrétienne de Jérusalem, la Célébration pascale s’étendit au Vendredi Saint (commémoration de la crucifixion et la mise au tombeau de Jésus) au matin de Pâques (le dimanche). C’est le triduum pascal («triduum» : 3 jours). Par la suite, le Jeudi Saint y fut inclus ; alors la durée d’une journée se comptait à partir du coucher du soleil… c’est à ce moment que Jésus a vécu le dernier repas avec ses disciples : la Cène.
Ces jours étaient marqués par l’absence de réjouissances et par des gestes significatifs comme le pardon octroyé à tous les prisonniers.
Le «Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur» a également son origine à Jérusalem : une procession partait de Béthanie jusqu’à la ville. Cette tradition s’étendit peu à peu à toute l’Europe.
Les lundi, mardi, mercredi sont devenus des jours de préparation spirituelle et corporelle aux Jours saints qui suivent. C’est souvent le Mardi saint que sont bénies les huiles saintes, à la messe chrismale, à la cathédrale (l’église de l’évêque), l’huile des catéchumènes, pour les adultes qui se préparent au baptême, le saint Chrême (pour les baptêmes, les confirmations, les ordinations) l’huile des malades (pour l’onction des malades).
Au cours des premiers siècles, les pécheurs repentant étaient absous de leurs péchés, le Jeudi Saint, après six semaines au moins de pénitence publique. Ils étaient ainsi réintégrés dans la Communauté chrétienne. C’est l’une des origines du Carême. C’est aussi l’origine du « nettoyage de Pâques ». Faire le ménage de sa maison était le signe que l’on mettait sa maison intérieure en état de célébrer dignement la résurrection du Christ.
Voici rapidement l’origine et le sens de la Semaine Sainte, devenue le cœur de l’année liturgique.
Quoi d’étonnant que ce soit à cette période que les catéchumènes (les personnes qui se préparent à être baptisées) reçoivent le sacrement de l’initiation chrétienne, en particulier le Baptême et l’Eucharistie ?
En effet, le Baptême est le sacrement par lequel nous revêtons le Christ, mort et ressuscité. L’Eucharistie est le sacrement où nous recevons de quoi vivre de la vie-même de Jésus. «Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang… Faites ceci en mémoire de moi».
Munis de ces deux sacrements, nous sommes invités pour vivre à la manière du Christ, comme des serviteurs qu’il a été en lavant les pieds de ses disciples. C’est ainsi que la Semaine Sainte nous invite à la sainteté.

«Faire ses Pâques ?»

Au Moyen-Age, un très fort sentiment d’indignité empêchait les laïcs de recevoir le Christ. Seuls les prêtres communiaient.
Il devint habituel de regarder et d’adorer le Saint Sacrement plutôt que de communier. C’était une dérive.
C’est pourquoi en 1215, au Concile de Latran, l’Eglise institua l’obligation de communier au moins une fois par an, au jour de Pâques. Avec cette obligation annuelle, il y a eu celle de confesser l’Amour de Dieu en reconnaissant ses péchés.

Gérard De Riemaecker

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