Journée des acteurs d’Église en quartiers populaires du diocèse de Lille : les moments forts !

Le 10 novembre nous étions invités à une journée de partage et de recherche pastorale à la Maison d’Église Saint Jean-Baptiste de Dunkerque

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Dans le diocèse de Lille, près de 300.000 personnes vivent dans un des 73 quartiers populaires dit « prioritaires » par la politique de la vie. Une réalité importante qui marque la vie de l’Église diocésaine puisse que 12 des 14 doyennés et 42 des 116 paroisses du diocèse ont un de ses quartiers sur leur territoire. Des quartiers où les acteurs d’Église sont très présents au travers des mouvements d’action catholique (ACE, JOC, ACO…), des prêtres ouvrier, des religieuses et religieux en monde ouvrier, des groupes de fraternité divers mais aussi par les associations caritatives et les initiatives paroissiales.

Pour permettre à tous ses acteurs locaux de partager leurs expériences, de découvrir des initiatives nouvelles et de se dynamiser les uns les autres, le diocèse de Lille a organisé  par le biais de la Mission Ouvrière et de l’Apostolat des Laïcs, une grande journée de partage et de formation le samedi 10 novembre 2018 à la maison d’Église St Jean Baptiste de Dunkerque. Militants, bénévoles, prêtres, diacres, religieuses… 120 acteurs locaux ont répondu à l’appel. Un bus spécial ayant même été affrété pour facilité de déplacement vers le littoral des personnes de la métropole lilloise.

6 initiatives innovantes sur le devant de la scène

La journée a débuté par un temps d’accueil qui a permit de rapidement briser la glace à l’aide d’un jeu, d’un café bien chaud et de petits gâteaux. C’est devant une salle comble que Bruno et Lydia ont lancé la journée au son des chants, au rythme des percussions et avec la force de la parole de Dieu qui nous dit : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7;15-20). Les fruits se sont les nombreuses initiatives d’Eglise vécues sur le terrain. Ce que l’on reconnaît, ce sont les acteurs locaux qui animent, portent et encouragent une dynamique d’annonce de la Bonne Nouvelle dans les quartiers populaires. Ces fruits sont nombreux et ils ont du goût !

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Preuve en est la présentation dans la matinée de 6 initiatives locales fortes : Les rencontres « Venez comme vous êtes » à Grande Synthe, les formations « Vivre en chrétiens » sur le littoral et à Roubaix, la formation quartiers populaires dans le doyenné Cœur de Flandres, l’initiative solidaire de la paroisse et la société St Vincent de Paul à St Pol Sur Mer et la formation-action diocésaine du collectif Frat’Eveil. Par des mises en situation, des jeunes, des témoignages… chaque participant à pu découvrir deux de ces propositions d’Église dont les habitants des quartiers populaires sont les acteurs.

Des fruits par centaines de tout le diocèse

Une découverte qu’ils ont ensuite partagé lors d’échanges en petits groupes de 4-5 personnes, y apportant leur regard mais aussi leur expérience et les initiatives de leur territoire. Des discussions qui ont permit de faire ressortir les fruits qui naissent de tout ces projets pour ceux qui y participent mais aussi pour la vie dans les quartiers populaires et pour l’Église. Des richesses qui ont ensuite été partagées à tous en les notant sur des fruits en carton. Chaque fruit différent a permit de rendre visible les sujets et le public des initiatives locales : projets avec les personnes en fragilité sur les kiwi, actions sociales et politiques sur les fraises, formations sur les oranges, initiatives pour les enfants et familles sur les pastèques… Accrochés sur tout le tour de la salle, on a pu constater la grande diversité des propositions actuelles avec comme fil conducteur la joie et la convivialité.

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Une convivialité également vécue lors de cette journée avec le partage d’un excellent coucous pour le repas de midi. Une belle occasion de poursuivre les discussions, de tisser des liens et de rire ensemble. L’après-midi débuta avec un retour sur les fruits par Bertrand, Annie, Christine, Lydia et Jérôme, acteurs locaux venus d’horizons différents suivi du regard de Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille.

Des zones d’évangélisation prioritaires ?

Puis le père Bruno Cazin, vicaire général du diocèse a fait le lien entre ces initiatives et le projet pastoral 2018-2021 lancé par le diocèse à la pentecôte 2018. Insistant sur l’importance de l’appel et de la formation, il a appelé à oser faire confiance à de nouveaux acteurs et explorer de nouvelles pistes d’action. Il a ensuite posé aux participants la question posée par la lettre pastorale de Mgr Ulrich : Que voulons nous pour notre Église en quartiers populaires ? Une question dont se sont immédiatement saisis les acteurs locaux en en débattant en petits groupes avant de partager leur regard en assemblée directement avec Mgr Ulrich.

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Un débat lancé en fanfare par un acteur roubaisien originaire d’Afrique proposant « que nos assemblées dominicales soient de vraies fêtes ! Parce que si les riches sortent le samedi soir faire la fête et font la grasse matinée le dimanche, nous, les pauvres, notre jour de fête c’est le jour du Seigneur ! » avant de conclure «  Nous qui n’avons rien ! Notre RSA c’est Jésus Christ ! »sous un tonnerre d’applaudissement. Un autre acteur se lève et appelle « à faire des quartiers populaire des ZEP, zones d’évangélisation prioritaires ». Un défi de taille mais comme le dit une armentièrois présent sur place « Dieu ne nous donne pas d’épreuve que nous ne pouvons pas surmonter ». D’autant qu’en « quartiers populaires, on a un savoir faire ! » pour donner la parole et créer du lien « mais encore faut il le faire savoir » rajoute la participante avant qu’un lillois rappelle que « ce qui se faire pour les gens, sans les gens, se fera contre les gens ».

Alors des pistes concrètes sont posées sur la table : « Pour faire face à la diminution du nombre de prêtres et pour éviter une centralisation de la vie des paroisses dans le centre riche des grandes villes, osons faire vivre des communautés en périphérie qui ne reposent pas sur la messe mais sur une vie de quartier ». Il s’agit aussi de redéfinir les priorités : « Parfois la paroisse met 5000€ dans un journal paroissial que les plus pauvres ne lisent pas mais on ne trouve pas 100€ pour acheter un djembé pour faire une célébration dynamique et festive ? Comment c’est possible ? ». Des priorités qui ne sont pas qu’une tambouille interne mais qui concerne toute la société rappel un autre intervenant : « l’Église a un potentiel révolutionnaire face aux puissants qui écrasent les plus petits ». Un potentiel porteur de nombreux espoirs pour les habitants des quartiers qui ont le sentiment d’être abandonnés.

Etre signe de Dieu par la fraternité

L’échange aurait pu durer des heures tant les acteurs locaux avaient soif de partager leur rêves et leurs espoirs entre eux et avec leur évêque. Mgr Ulrich a prit la parole pour encourager les participants : « On annonce pas l’évangile en hurlant dans un porte-voix sur une place mais en étant au cœur de la vie des gens comme vous le faites » avant de les inviter à poursuivre dans cette voie. Sur le thème de la fraternité, qui est longuement revenu durant la journée, il a souligné l’importance de «  le vivre comme un signe l’amitié de Dieu pour les Hommes ».

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Mgr Ulrich s’est dit séduit par l’idée de ZEP, zones d’évangélisation prioritaires dans les quartiers avant de conclure avec une parabole nouvelle de la brebis égarée : « Un jour, j’ai demandé à un vrai berger si, quand l’une de ses brebis se perd est ce qu’il laisse les 99 autres pour se mettre à sa recherche comme le dit la bible. Le berger m’a répondu que non car quand une brebis est isolée dans la montagne, elle se tait et on ne peut pas la retrouver. Il faut y aller avec tout le troupeau car en entendant ses congénères elle se mettra a bêler et retrouvera son chemin. Ainsi ce n’est pas à quelques pasteurs d’aller vivre et annoncer la Bonne Nouvelle sur le terrain mais à toute l’Église ».

Une belle conclusion pour une belle journée.

(Article trouvé sur le site de la Mission Ouvrière)

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