Funérailles : FAUT-IL UN PRÊTRE !?

J’ai été ordonné en 1973. D’après l’annuaire du diocèse de Lille, cette année-là, le diocèse comptait à peu près 1,4 million d’habitants et 1240 prêtres diocésains (1300 en tout). En 2018, pour 1,6 million d’habitants, 247 prêtres diocésains (dont 129 de 75 ans et plus).

Parmi d’autres, une des réalités qui montrent que l’Église catholique vit des moments difficiles… et l’Église catholique, c’est nous tous et toutes.

Cela se manifeste, entre autres, lors de la célébration des funérailles chrétiennes à l’Église. Un prêtre n’est pas toujours disponible. Or, la mort d’un proche est un événement douloureux s’il en est, qui nous bouleverse. Quelque chose de sacré s’en va : la vie d’un proche.

Il arrive alors que certaines familles, pratiquantes le dimanche ou non, demandent un prêtre. Parfois même, elles l’exigent. Pourquoi ? Que faire ?

Chaque fois que possible, prêtres, nous nous rendons présents. Nous ne le pouvons pas toujours, pris par des engagements dont nous ne pouvons pas nous démettre rapidement.

Depuis quelques années, des laïcs (1), comme on dit, hommes et femmes, ont été appelés et formés à cette belle mission : se rendre proches des familles en deuil, les accompagner, et présider la celebration des funérailles chrétiennes de l’un de leurs proches.

Pourquoi ?

À première vue, parce qu’il y a moins de prêtres qu’avant ! Objectivement, c’est vrai. Mais allons plus loin ! Essayons de réviser notre manière de voir.

Au fil des années, cette réalité du plus petit nombre de nombre de prêtres, incontournable, nous rappelle un des elements fondamentaux de la vie de l’Église catholique, de la foi des Chrétiens.

Lequel ?

Le BAPTÊME ! Baptisés, membres de l’Église, nous avons tous été revêtus du Christ, Prêtre, prophète et roi. Nous le chantons parfois «Peuple de prêtres, peuple de rois…».

Nous avons encore bien du mal, tous et toutes, à reconnaître que par le baptême nous avons «revêtu le Christ» comme l’écrit St Paul (2).Notre personne est totalement investie par lui, comme toute l’Église d’ailleurs.

C’est ainsi que, parce que baptisés, des hommes et des femmes reçoivent dans l’Église catholique cette mission de célébrer les funérailles chrétiennes. Au-delà des apparences, ces personnes ne remplacent pas les prêtres. Elles acceptent, en réalité, de mettre en oeuvre la grâce de leur baptême dans ce service de l’humanité souffrante touchée par un deuil.

Rassemblés à l’église et en Eglise à ces occasions, les proches et les familles des défunts vivent un moment fort de communion et de prière.

Ainsi est pleinement vécue cette parole de Jésus : «quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux». Cette réflexion peut en amener d’autres, c’est évident… peut-être dans un autre article, ou au cours de conversations à venir.

Gérard De Riemaecker

Note 1 : Parler de «laïcs» et de «prêtres» risque, aujourd’hui, d’opposer les uns aux autres, ou d’établir une sorte de rapport d’inégalités. A mon avis, il vaut mieux parler de BAPTISÉS. C’est notre condition commune de chrétien. A partir de celle-ci, et sur cette base, nous sommes appelés à des missions diverses «pour la gloire de Dieu et le salut du monde».

Note 2 : Il est vrai qu’au cours des siècles, des courants théologiques ont fait des prêtres des «super-chrétiens», une élite sacerdotale, des «hommes du sacré». N’y a-t-il pas là pour le moins une exagération ?

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