A la découverte du doyenné : le Clipon, il était une fois la plage (2/3)

Dans la première partie de cet article, Henriette nous  partageait quelques souvenirs du Clipon. Elle évoque ici les dernières années de ce hameau en bord de mer.

 

 Comment se présentait la plage du Clipon dans les années 40 ?

Henriette : pendant la Seconde Guerre Mondiale, sur la page entre Dunkerque et Gravelines, beaucoup de blockhaus ou bunkers ont été construits par les Allemands. Avec les tempêtes, beaucoup ont été recouverts par le sable. Quelques-uns étaient encore visibles en 1970.
Au moment de la « poche de Dunkerque », les habitations qui se trouvaient en bordure de mer ont subi d’importants dégâts. Le casino, l’hôtel des familles et quelques autres bâtiments ont été démolis. Le centre du Clipon n’a pas subi trop de dégâts. Les maisons autour de l’école ainsi que la chapelle ont été épargnées.

Partant de la plage du Clipon à pied et à marée basse, on pouvait alors se rendre facilement soit vers Gravelines soit vers Dunkerque.

La rue qui menait de la chapelle à l’hôtel des familles sur environ 300m, s’appelait « l’Avenue de la mer ». Etonnant pour un si petit hameau !

 Comment la vie s’est-elle organisée après la guerre ?

Le casino fut reconstruit avec les dommages de guerre dans les années 60-62. Il fut appelé par la suite « Repos Saint Michel ». A l’origine, le casino appartenait à la paroisse Saint Michel de Lille.

Certains blockhaus sont devenus des habitations pour quelques familles jusqu’à leur expropriation.

Après la guerre, la culture de la chicorée était encore développée. On comptait une sécherie au Clipon. Cela donnait du travail à un grand nombre de personnes.

Nous sommes dans les années 70. Le Clipon va s’effacer avec l’extension du Port Autonome. Commencent alors les expropriations et le développement des grands projets, ce qui va entrainer la complète disparition du hameau. Les habitants vont devoir quitter à grands regrets leur maison et leurs souvenirs. Pour le relogement, des propositions ont été faites aux familles qui sont parties peu à peu.

Un belvédère a été construit vers 1965, il avait pour but d’expliquer les différents projets du Port Autonome. Quelques temps après, il fut vandalisé car il n’y avait aucune surveillance.

 Comment le Clipon va-t-il disparaître ?

L’école s’est donc retrouvée avec une dizaine d’enfants et fut fermée en juin 75. Pour les derniers enfants scolarisés, la rentrée en septembre 75 fut faite à Loon-Plage.

Abandonné par tous ses habitants, le Clipon est devenu désert. La nature a repris ses droits. Cependant, certains y revenaient régulièrement avec un sentiment d’incompréhension.

Du Clipon, il ne reste que quelques ruines, dont la « Maison du Pendu », tandis que l’église de Loon conserve le Christ en bois, les statues du Sacré-Cœur et de la Vierge provenant de sa chapelle.

(A suivre : aujourd’hui au Clipon, le terminal méthanier…et un nouveau lieu de culte pour le port : la chapelle Saint André des Marins.)

 Florence et Henriette

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