« La dernière étape » pour Damien avant de devenir prêtre

La question qui m’a été posée à la commande de cet article apparaît simple : « Quel est ton état d’esprit à quelques mois de recevoir le sacrement de l’ordination diaconale ? ».

Plus précisément, il s’agit de décrire comment je perçois cet événement. Et bien, je dois bien avouer que cette rédaction n’est pas si évidente. C’est finalement quelque chose de très personnel. Je suis plein de sentiments différents. Et trouver des mots justes pour les exprimer n’est pas simple.
L’ordination diaconale semble d’abord être un élément du parcours de formation du séminariste. C’est en quelque sorte « la dernière étape » avant de devenir prêtre. À mon avis, c’est beaucoup plus que cela. Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai écrit à notre évêque pour demander cette ordination. Parce que cette dernière n’est pas automatique. Il faut en quelque sorte faire une « candidature ».
Pour cela, j’ai pratiqué une vraie relecture de mon parcours. Elle ne s’est pas arrêtée à mes cinq ans de séminaire. Je crois que j’ai pris en compte mes 39 ans d’existence. C’est vous dire à quel point tout ceci unifie. Parce que dans le courrier à notre évêque, j’ai promis obéissance et engagement au célibat. C’est un choix qu’on ne fait qu’une fois. Il convient donc de ne pas se tromper, et d’être certain de ses motivations. Ce qui m’a permis de faire cette démarche, c’est la ligne directrice que je crois percevoir dans mon parcours. Il y a comme un fil conducteur au fur et à mesure des rencontres et des événements de la vie. Une vie d’homme est remplie de joie et de peine. Mais ce qui est important, c’est de pouvoir prendre le recul nécessaire et d’essayer de tracer une orientation. C’est ce que le séminaire m’a permis de réaliser.
Mais ce qui me semble fondamental à préciser, à quelques mois de l’ordination, c’est l’apport de mes rencontres paroissiales. Parce qu’en cinq ans de séminaire, il n’y a pas qu’une formation purement intellectuelle. Il y a aussi toute une part de découverte humaine et spirituelle qui se réalise dans nos insertions. Après deux ans très riches à Roubaix, j’ai eu la chance d’être envoyé à la paroisse Notre-Dame des Salines à Grande-Synthe et Fort Mardyck. C’est dans les discussions avec les uns et les autres que j’ai pu découvrir si mon discernement vers la prêtrise était le bon. Oui, sincèrement, c’est en très grande partie grâce aux rencontres et aux regards bienveillants des uns et des autres ici en paroisse que j’ai pu être convaincu de rédiger ma demande pour l’ordination diaconale. C’est dans mes liens avec vous que je me suis rendu compte que j’étais heureux et à l’aise là où j’étais. C’est vous qui m’avez fait comprendre à quel point la vie de prêtre pouvait être une vie heureuse et enrichissante.
C’est pourquoi, le jour de l’ordination, j’aurais une pensée pour tous les visages rencontrés dans ce doyenné de Dunkerque Ouest. Tous ces gens de Grande-Synthe, de Fort Mardyck, mais aussi de Loon-Plage où je loge. Et puis toutes ces personnes engagées en paroisse, en mouvement (ACE, JOC, Mission ouvrière), en groupe de prières, au service… C’est tout ça qui me porte vers le diaconat aujourd’hui. C’est tout ça que j’essaie d’exprimer dans cet article. Je manque sans doute de mot, de justesse, mais je souhaite vous remercier tous du fond du coeur. J’espère vous revoir donc le 15 octobre à 17h, pour que nous puissions vivre et fêter ensemble ce que je crois être un vrai temps d’Église. Je vous emporte tous dans ma prière.

Damien BINDAULT

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