« Ce dont ils ont été témoins »

Ce que j’ai retenu de cette période c’est l’abnégation du personnel médical (médecins, infirmières, aide-soignant et tous les autres). Le courage de plein de gens de tous métiers confondus malgré le virus. Dans les Ehpad, le personnel qui est resté près des personnes âgées en laissant leurs familles ; volonté de faire en sorte qu’elles soient bien. Beaucoup de gens se sont mis à INVENTER, CREER, CHERCHER DANS BIEN DES DOMAINES (visières, masques, machines pour oxygène et bien d’autres choses).

L’essentiel pour moi, c’est de pouvoir au moins parler aux gens par tous les moyens possibles sms, mail, coup de téléphone… et lire journaux, livres (mais parfois on n’osait plus appeler les gens). Voir la beauté dans un jardin : les fleurs qui poussent les unes après les autres comme par magie. Les oiseaux qui chantent. Avoir la chance d’avoir de l’espace.

Dieu est là pour que nous prenions conscience que rien n’est acquis, la maladie peut nous tomber dessus, la profession que l’on exerce depuis des années, peut être supprimée du jour au lendemain.

Pendant ces semaines, c’est une grande joie de vivre à l’unisson avec la création, de me lever et de me coucher avec le soleil qui brille depuis le début du confinement, d’observer les arbres fruitiers… fleurir, la valse des insectes, les oiseaux, de méditer, prier, assise dans l’herbe aux premiers rayons, juste être là. Je ressens un profond sentiment de reconnaissance d’être en vie, me laissant bercer par le créateur, en communion avec la nature qui m’entoure, et avec les vivants, mes proches qui sont là, d’autres qui loin ou décédés mais aussi des Hommes dont je partage le sort à travers des romans et France Culture qui me font voyager dans le l’espace et le temps.

J’ai encore plus conscience que je fais partie des privilégiés dont le mode de vie fait des millions de victimes depuis la découverte de l’Amérique notamment. Neuf dixième des populations d’Amérique Latine seraient morts à cause des virus apportés par les européens, et de violence selon Stephen SMITH (La Ruée vers l’Europe, 2018).

D’autre part, la surconsommation me révolte. Étudiante je me rappelle mieux comprendre mon malaise grâce à Jean BAUDRILLARD, auteur de «La Société de consommation». Créer de nouveaux besoins, aller vers le superflu plutôt que de partager avec les générations futures et ceux qui ont faim de nourriture et de savoir me semblent absurdes.

Un espoir, des changements drastiques :

– que l’espèce humaine coupable d’écocide – «On tue 1% des vivants chaque année depuis des décennies» selon Aurélien BARRAU, astrophysicien, 20 mai 2020- réagisse contre le pouvoir des lobbies pour sauver l’Homme qui a besoin des pollinisateurs notamment,

– que les pouvoirs politiques de l’ensemble des pays interdisent la 5G qui fait de plus en plus de victimes chez les êtres vivants,

– que l’on renonce à exploiter les ressources fossiles,

– que l’on diminue de façon drastique le nombre de vols aériens, l’avion étant très polluant – j’ai été frappée de lire un article «Why we must give up flying» (Pourquoi nous devons cesser de prendre l’avion) paru dans le Daily Telegraph du 29 juillet 2006, le sous-titre étant : L’évêque de Londres Richard CHARTRES affirme «Nous avons une responsabilité morale de respecter l’environnement, et prendre l’avion pour des vacances est un péché.» Le géographe et journaliste Nicholas CRANE qui a choisi il y a presque dix ans de ne plus prendre l’avion explique sa décision.

– que l’on arrête vraiment la «colonisation» qui se poursuit à travers l’exploitation. Par exemple, des enfants travaillent dans des conditions inhumaines dans des mines de coltan, de la République Démocratique du Congo, nécessaire pour nos portables – dossier d’Amnesty International dans le journal de l’ONG n° 139 de juin 2017

– que l’on renonce à nos œillères invisibles qui nous permettent d’avoir bonne conscience

– que chacun porte un masque pour protéger les plus fragiles qui sont une véritable richesse!

– que l’on consomme peu, bio et local pour protéger la flore et la faune qui rend notre vie possible

– que l’on prenne nos responsabilités, les pays développés causant des changements climatiques qui rendent des parties de la planète invivables, en accueillant les réfugiés – dans le passé des millions d’européens ont migré à travers le monde!

– que chacun ne s’arrête pas à l’indignation mais agisse à son niveau – voir l’appel de Stéphane HESSEL dans son ouvrage «Indignez-vous»

– que l’on privilégie le respect et l’amour qui engendrent la fraternité, la liberté et l’égalité.

Annie ESPANDJU, enseignante

Cette période de crise sanitaire a été le révélateur selon moi de plusieurs choses : elle m’a permis de me concentrer sur moi-même, mon rapport avec Dieu a été encore plus fort et je lui ai été reconnaissant de m’avoir privilégié d’une famille aimante et soudée.

Au fond cette période n’a pas eu de réel impact dans ma vie quotidienne, si ce n’est qu’elle m’a permis de m’accorder plus de temps pour moi.

Abdel ZAÏBET de la mosquée Essalam

Ce qui m’a manqué ce sont les rencontres et les fêtes familiales. J’ai remarqué que le mot solidarité existait encore. Au début de cette pandémie, j’ai pensé que c’était Dieu qui nous mettait à l’épreuve, le monde va vraiment mal, c’est pour nous ouvrir les yeux.

Je me demande si ce virus va être vaincu, ou nous devrons vivre avec…

Merci pour les gestes de solidarité avec les restaurateurs, les associations et particuliers qui fabriquaient des masques.

Pandémie = famine = chômage = fermeture d’usine et faillite des petits artisans et petites entreprises…

Jocelyne MICEK

Le confinement m’a apporté des choses. Par exemple, j’ai l’intention d’écrire un petit livre pour les enfants. J’ai été aidée par Nadine. Je ne savais pas que j’étais capable d’écrire un livre. Ma mère va faire les dessins. Pendant de temps, j’ai beaucoup appelé. La télé, c’est bien, mais à la longue ! J’étais quand même beaucoup dans la solitude, à part quelques personnes… J’ai beaucoup cuisiné, plus que la normale. J’ai appris à gérer un budget.

Sylvie

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